Nouvelles: Le quinoa, l’or controversé des Andes.

Le quinoa est cultivé sur les hauts plateaux andins mais sa culture se déplace de plus en plus vers les plaines.

– Marina Muñoz Cervera –

Le Le quinoa est cultivé sur les hauts plateaux andins mais sa culture se déplace de plus en plus vers les plaines.

Depuis 2005, les surfaces cultivées de quinoa ont doublé en Bolivie, l’un des principaux producteurs de cette graine andine, dont la demande mondiale et le prix sont en augmentation constante. D’après le directeur de l’Institut national d’innovation agricole et forestière (Iniaf), Lucio Villca, la culture de cette plante – qui appartient à la même famille que la betterave ou l’épinard, mais est considérée comme une “pseudo-céréale” – occupe désormais 70 000 hectares, pour une production estimée à 44 000 tonnes.

La valeur nutritionnelle de cette graine, riche en protéines et cultivée depuis plus de 7 000 ans sur les hauts plateaux andins, a été soulignée par les Nations unies, qui ont décrété 2013 “Année mondiale du quinoa”.

Et lundi 11 juin, le président bolivien, Evo Morales, a été désigné “ambassadeur spécial” de la FAO (Food and Agriculture Organization), l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, dont le siège est à Rome, pour promouvoir ce “super aliment” dans le cadre d’un programme sur trois ans (programme qui coûterait environ 12 millions de dollars).

ENTRE 2 500 ET 3 000 DOLLARS LA TONNE

“Face à la crise alimentaire mondiale, les peuples andins disposent de plusieurs solutions, et l’une d’elles est le quinoa”, a déclaré à la tribune de la FAO le président d’origine amérindienne Evo Morales, qui fut dans son enfance un petit cultivateur de quinoa. Le quinoa présente l’avantage de pouvoir pousser dans des zones semi-arides et jusqu’à 4 000 mètres d’altitude. Des cultures expérimentales sont actuellement menées partout dans le monde, en Europe (en France notamment), en Asie, en Afrique et en Australie.

La Bolivie est le deuxième producteur (derrière le Pérou) et le premier exportateur mondial de quinoa devant l’Equateur (les chiffres du Pérou ne sont pas communiqués), avec 70 % du marché. Les prix actuels oscillent entre 2 500 et 3 000 dollars la tonne. Deux tiers de la production partent à l’exportation, parmi lesquels 54 % aux Etats-Unis, 32 % en Europe et 6 % au Canada. Les zones de culture se situent aux abords de deux déserts de sel, l’Uyuni près de Potosi, et le Coipasa à Oruro.

En Bolivie, “il y a dix ans, il y avait 35 000 hectares [plantés], mais les prix ont augmenté et il y a plus de gens qui [en] sèment. Avant, les gens ne semaient pas le quinoa, ils quittaient le pays (…), maintenant ils reviennent semer”, explique à l’AFP le président de Anapqui (l’association des producteurs), Juan Ernesto Crispin.

AFFRONTEMENTS ET HAUSSES DES PRIX

Mais l’extension des surfaces cultivées provoquent des conflits entre paysans : en mars et avril, on a recensé plus d’une trentaine de blessés dans des affrontements entre cultivateurs, dans des régions où les limites territoriales ne sont pas définies très précisément.

“Si l’activité productive reste centrée sur une espèce séculaire, (…) le système agraire, l’organisation collective et l’organisation familiale de la production ont été bouleversés (…) avec des conséquences diverses, pour aboutir aujourd’hui à une crise foncière, et des tensions sociales multiples”, note une étude française de 2010.

“La non régulation de l’extension et de la localisation des parcelles dans la plaine ont abouti à une monoculture de parcelles de quinoa contigües, favorables à la multiplication des ravageurs de la culture et à l’érosion éolienne”, avancent les auteurs de l’étude. Qui ajoutent : “La marginalisation de l’élevage a provoqué une baisse de la production de fumier et la perte de la sécurité financière que constituait la vente des animaux dans les moments de nécessité.”

Sans compter que de nombreux Boliviens ne sont désormais plus en mesure de s’offrir celle qu’on surnomme “la graine d’or” – la consommation aurait baissé d’un tiers pendant que les prix triplaient dans les cinq dernières années. Dans les supermarchés, un sac d’un kilo coûterait près de 5 dollars, cinq fois plus que le même poids de riz.

Source:

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/15/le-quinoa-l-or-controverse-des-andes_1718856_3234.html

Le Monde.fr 15.06.2012 à 19h23

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